La pêche du samedi

Habituellement j'évite la nostalgie mais en écrivant récemment,  un article sur une recette de crevette, m'est revenu le souvenir des crevettes qui nous servaient pour amorcer la ligne dans nos parties de pêches. 

Voici ce que j'avais écris à ce sujet avec quelques retouches.

Dans les années 80 je suis revenu au Maroc, surtout pour échapper au service militaire, mais les attaches familiales et mes racines y étaient pour quelque chose.

 

Le meilleur souvenir de cette époque c'est les samedi de pêche avec mon père.

Ma mère nous préparait des croques monsieur pizza et on apportait un bon Cabernet dans le sac.

Quand on allait un peu loin, vers Bouznika ou Moulay Abdellah on ne revenait pas à midi.

En arrivant sur les rochers je préparais le bromedge (sardines écrasées et mélangées avec du sable). Mixture qui attire le poisson sans le nourrir quand elle est faite dans les règles de l'art.

Mon père, trop impatient de commencer, montait sa ligne et cherchait le coin idéal pour lancer le bouchon. Comme ça, une fois le bromedge fini, je savais où le lancer.

Quand il lui arrivait d'emmêler son fil, pour éviter qu'il coupe tout tout de suite, pressé qu'il était de pêcher, je démêlais à sa place.

Si malgré le bromedge, ça ne mordait pas on changeait de coin. Il nous arrivait parfois de prendre la voiture pour changer radicalement. Mais comme ce n'était pas pratique avec les cannes qu'on ne pouvait pas replier il fallait vraiment qu'on n'ait pas sorti grand chose et que le risque de rentrer bredouille menace.

En général quand on rentrait à la maison, en milieu d'après midi il y avait au minimum de quoi faire une soupe dans les sacoches militaires du surplus américain.

Poissons que nous avions vidés sur place avant le retour.

 

Pourquoi le samedi? Parce que le dimanche c'était au "cabanon" qu'on le passait en famille. Et si on pêchait le poisson était nettoyé sur place.

 

Quelques anecdotes sur le bromege:

Les spécialistes vous le dirons, le meilleur bromege doit être réalisé avec du sable fin. Et en fonction du lieu de pêche nous savions quel type de sable nous allions trouver, il nous arrivait de nous arrêter avant pour en ramasser du fin.

La deuxième anecdote est moins savoureuse! Il arrivait qu'il nous reste une bonne quantité de bromege non utilisée, quand ça mordait bien, pas besoin d'appâter pour attirer le poisson qui était déjà là. Donc, fin de partie de pêche et reste de bromege. Que faire? Nous le rapportions à la maison et il était mis au congélateur pour la prochaine fois. Ma mère n'était pas très contente parce que avant de congeler l'odeur avait eu le temps de se répandre plus ou moins...

Une troisième anecdote assez savoureuse. La pêche à Marjochris était bien pratique et agréable puisqu'il n'y avait que quelques dixaines de mètres à pieds à parcourir. Mais pas de bol, pour faire le bromege il n'y avait qu'une bouche dégoût devant Sean Conery. Je me souviens de touristes ayant posé leur serviettes de bain sur l'égout peu après ma préparation bromégique et avais un peu de peine pour eux!

 

 

Autre souvenir de mer, sur les rochers pendant les grandes marées. Nous y allions avec les enfants et les parents, une bonne bouteille de vin blanc mise au frais dans l'eau, du citron, ciseaux, couteaux pour déguster oursins et moules plus d'autres trucs pas sortis de la mer. 

Je n'ai pas de Photo de ces épisodes, juste quelques unes au cabanon de Pont-Blondin.