Sidi Brahim

On pourrait penser que je me tourne vers mon passé mais en réalité je recycle de vieux articles jamais publiés car destinés à un public trop restreint. Et pour celui-ci c'est plutôt une refonte totale à partir de textes que j'avais sélectionnés complétés par une recherche plus poussée.

Sidi Brahim, ce n'est pas qu'une rue du 4ieme arrondissement de Casablanca ou nous habitions. Curieux de savoir pourquoi le nom a été conservé, j'ai fait des recherches.

La bataille de Sidi Brahim (Algérie)

Tous les récits que j'ai trouvé relatent la même histoire. Certains sont plus dithyrambiques que d'autres mais tous parlent de la bravoure des soldats.

Pourquoi cette hécatombe ? Le colonel Montagnac a-t-il eu une quelconque responsabilité? Le sujet est moins traité.

.-. Le récit de la bataille

• Le 21 Septembre 1845, le caïd Trari, fidèle allié de la France, demande l’aide et la protection de l’armée française, car menacé par les troupes d’ Abdel Kader. Le Colonel de Montagnac, contrairement aux instructions des généraux, se mit à la tête d'une petite colonne de 60 Cavaliers et 350 Chasseurs avec 6 jours de vivre et partit le jour même à 22 heures.

• Le 22 au matin, Trari orienta Montagnac vers le sud. Du bivouac quelques cavaliers Arabes étaient visibles sur les crêtes et eurent lieu les premiers échanges de coups de feu.

• Le 23 à l'aube, Montagnac décide de se porter vers les cavaliers ennemis aperçu la veille. Sont restés au bivouac, le Commandant Froment-Coste, le Capitaine de Géreaux. À 4 km vers l'ouest 5 à 6 000 cavaliers Arabes, menés par Abd el-Kader, fondent sur la petite colonne. Les cavaliers sont anéantis. Montagnac est tué. La lutte va durée 3 heures. Averti au bivouac le Commandant Froment-Coste se précipite avec la 2em Compagnie, les Arabes l'interceptent et l'assaillent de toute part. Froment-Coste est tué, le Capitaine Dutertre est fait prisonnier... Il ne reste qu'une douzaine de Chasseurs.

• A 1 km, se dresse le Marabout de Sidi-Brahim. C'est là que Géreaux décide de s'installer, en attendant du secours. Abd el-Kader va se heurter pendant trois jours et trois nuits à la résistance des 80 Chasseurs du Marabout de Sidi-Brahim.

• Dans l'après midi du 23 les munitions et les vivres commence à manquer. Un drapeau tricolore est hissé au sommet d'un figuier pour attirer l'attention de la colonne de Barral qui opère non loin, mais elle est attaquée à son tour et s'éloigne dans la plaine.

• Par trois fois les arabes sommes les français de se rendre. Le Capitaine Dutertre, fait prisonnier le 23, est amené devant la murette et crie : "Camarades, défendez vous jusqu'à la mort". Quelques instants plus tard, sa tête tranchée est promenée par les Arabes. Ce sont alors les prisonniers de combats précédents qui sont traînés de même les mains liées, afin d'ébranler la détermination des hommes. Lavayssière déclenche une fusillade, Abd el-Kader est blessé à l'oreille.

• Les jours passent et la résistance ne faiblit pas. Les secours n'arrivant pas Géreaux décide de regagner Djemmaa, à 15 kilomètres. Le Caporal Lavayssière, prend le commandement du détachement.

• Le 26 Septembre, à l'aube, ils escaladent la face nord du marabout puis ils marchent dans la plaine toute la journée. Lorsqu'ils parvinrent dans le lit de l'oued Mersa, à 2 km de leur objectif. La tribu des Ouled Ziri les attendait, ce fut un carnage!

.-. Montagnac

• Le lieutenant-Colonel Montagnac, s'est lancé dans cette bataille sans préparation, sans plan, sans informations sur l'ennemi qu'il allait affronter, sa seule idée était la capture de l'émir Abdel Kader. Et contre l'avis de ses chefs.

.-. de Montagnac aurait dit « Anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens. » (Algérie) Lettres d'un soldat, Plon, Paris, 1885.

.-. Le monument commémorant Sidi Brahim

• Un premier monument est inauguré le 26 décembre 1898 à Oran en Algérie. Il est composé d’un obélisque de huit mètres de haut couronné d’une figure ailée, une Gloire, placée au sommet du monument.

Au-dessous, contre le piédestal, une statue de femme agenouillée symbolisant la France écrivant sur la stèle, "Camarades, défendez-vous jusqu’à la mort" et, au premier plan, une plaque en bronze portant l’inscription, "Aux héros de Sidi-Brahim, 1845".

• En 1962 la femme agenouillée: la France, est déboulonnée et remplacée par un buste de Abdel Kader. La gloire est restée au sommet de l'obélisque.

• La "France" de Dalou se trouve aujourd'hui en France, à Périssac dans le vignoble bordelais.

Et Périssac se trouve pas loin de chez nous. Ce matin donc, petite promenade pour prendre quelques photos. Impossible de situer le monument sur internet mais Périssac ce n'est pas bien grand. Après avoir demandé le chemin nous voici à la sortie de Périssac, en plein milieu des vignes.

Pourquoi Périssac? C'est la commune natale du capitaine Oscar de Géreaux, l’un des martyrs de Sidi-Brahim. Le monument de Sidi-Brahim a fêté ses cinquante ans en 2016. Il a été inauguré le 10 juillet 1966.

.-. Donc le nom a été conservé

• soit parce qu’il correspond à une défaite de l’armée coloniale française mais c’était en Algérie, • soit tout simplement parce qu’il a une consonnance arabe. Allez savoir!

• Après avoir beaucoup lu sur cette bataille et le fait qu'elle soit encore dans les mémoires je pencherais pour la première hypothèse.